Les sables bitumineux

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L'exploitation des sables bitumineux était trop coûteuse pour produire du pétrole. Ces dernières années, toutefois, la hausse du prix du pétrole et les changements technologiques ont rendu cette exploitation possible et très rentable. Les sociétés pétrolières produisent maintenant plus d’un million de barils de pétrole par jour à partir des sables bitumineux, et cette production s’accroît constamment. Cependant, l’expansion effrénée des projets d’exploitation des sables bitumineux entraîne d’énormes coûts environnementaux, causant des dommages aux terres, à l’air, à l’eau, aux forêts, au climat et aux populations locales.

Les sables bitumineux recèlent 173 milliards de barils exploitables sur 141 000 kilomètres carrés de forêt boréale (un quart de la France). Le brut de l’Alberta, intimement mêlé au sable, revient cher à produire : 15 à 20 dollars le baril, contre 5 pour le pétrole saoudien.

Toutes les majors de la planète - Exxon, Chevron, Shell, BP, Total, et même les Chinois de CNOC et Sinopec ont débarqué, à l’affût de nouvelles concessions. Ainsi, Total a prévu d’investir 7 à 10 milliards d’euros d’ici à dix ans. «En 2020, nous devrions produire environ 250 000 barils par jour en propre, explique Michael Borrell, patron de Total Canada. Probablement un petit 10% de la production globale du groupe à cette date.»

Une usine de valorisation des sables bitumineux sur la rivière Athabasca. La rivière Athabasca, qui prend sa source des glaciers en son amont, est longue de 1231 km et serpente le nord de l’Alberta. Plusieurs communautés en aval des puits de sables bitumineux dépendent de l’Athabasca comme source d’eau potable et comme source constante et importante de nourriture par la pêche.

(Image de David Dodge, The Pembina Institute ©2007)

Parmi les polluants atmosphériques engendrés par le processus d’extraction on observe non seulement des gaz à effet de serre, mais aussi des émissions importantes d’oxydes d’azote, de méthane, de dioxyde de soufre , des composés organiques volatiles et des particules, dont la présence entraîne du smog, des pluies acides et toute une série de problèmes de santé publique.
Les sables bitumineux couvrent au moins 4,3 millions d’hectares situés entièrement  au sein de la forêt boréale canadienne. Il ne sera pas possible de restaurer l’écosystème forestier dans son état originel, les efforts de mise en valeur des forêts et des milieux humides s'avéreront ici insuffisants.

Source
Marcel Robert, Carfree France, 20 juin 2008.

Pour en savoir plus
Radio-Canada - Découverte (Les sables bitumineux de l'Alberta).
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